Au-delà des notes : la musique comme fondation pour la vie
À quel âge as-tu commencer à jouer du piano et pourquoi as-tu choisi cet instrument?
Myriam à ses débuts, 5 ans.
Mon parcours musical a débuté très tôt, à l’âge de cinq ans, lorsque mes parents ont décidé de m’inscrire à des cours de piano. Aucun des deux n’était musicien, mais ma mère avait repéré une annonce dans le petit journal de Saint-Lambert faisant la promotion de cours d’éveil musical offerts par une professeure du coin. Comme nous possédions déjà un bon piano à la maison, le choix de cet instrument s’est imposé naturellement.
Avec le recul, je suis très heureuse d’avoir commencé par le piano. Il constitue, selon moi, une base solide pour l’apprentissage de tout autre instrument, en facilitant grandement la compréhension des bases de la musique.
Quel est ton parcours musical?
Ayant commencé le piano à un jeune âge, j’ai progressivement franchi les différentes étapes de ma formation musicale, en complétant les niveaux préparatoires 1 et 2, puis les niveaux 1 à 8 du Conservatoire Royal du Canada. Parallèlement à ces cours, j’ai fréquenté l’école primaire de musique Félix-Leclerc, où j’ai eu l’occasion d’explorer plusieurs instruments : le violon, la clarinette et la flûte traversière, en plus de développer ma pratique du chant. La musique occupait alors une place centrale dans mon quotidien, à raison de plusieurs heures d’apprentissage chaque semaine.
Au secondaire, cet engagement s’est poursuivi à travers ma participation, pendant cinq ans, à Secondaire en spectacle, où je présentais divers numéros alliant chant et piano. J’ai également intégré l’orchestre de mon école en tant que violoniste, où j’ai pu connaître la pratique d’ensemble.
Au collégial, j’ai continué mon parcours en complétant un double DEC en interprétation de musique classique profil piano à l’École Vincent-d’Indy, ainsi qu’un DEC en sciences humaines au Collège Jean-de-Brébeuf. Enfin, à l’issue de ce parcours, j’ai eu l’occasion de me joindre au CMM à titre de professeure de piano, une expérience que je poursuis en marge de mes études universitaires.
Quels sont tes autres intérêts?
En dehors de la musique, mes intérêts sont assez variés. Je viens tout juste de terminer mon baccalauréat en droit à l’Université de Montréal, un parcours exigeant qui a occupé une grande partie de mon temps au cours des trois dernières années. J’y ai découvert un domaine dans lequel je me projette avec enthousiasme, un univers à la fois intellectuellement stimulant et riche par la diversité de ses champs de pratique.
Par ailleurs, je nourris depuis longtemps une passion pour le ballet classique, que j’ai pratiqué assidûment de l’âge de huit ans jusqu’à tout récemment. Cette discipline a profondément marqué mon parcours, autant par la rigueur qu’elle exige que par la sensibilité artistique qu’elle développe.
J’aime aussi cuisiner, courir et visiter des musées. Je ne suis pas bien difficile!
Quel place occupe la musique dans ta vie?
La musique a occupé différentes places dans ma vie. Elle m’a appris à écouter autrement, à reconnaître des émotions sans forcément les nommer, et à entrer dans l’univers de compositeurs et compositrices dont les œuvres traversent les époques. J’ai eu la chance d’être guidée par des professeurs passionnés, qui m’ont transmis une compréhension fine de cet art, au-delà de la simple exécution. Cela dit, la pratique du piano n’a pas toujours été facile, il y a eu des périodes plus exigeantes, mais chaque fois, le plaisir finissait par reprendre sa place.
Dans mon quotidien, la musique m’accompagne presque partout : sur le chemin de l’école, pendant mes entraînements, avec mes amis, ou encore lors de concerts. C’est un art puissant et rassembleur. Il est facile de créer des liens autour d’un artiste ou d’une chanson. À chaque Noël, dans ma famille, ma sœur et moi nous installons au piano à tour de rôle pour faire chanter tout le monde (même ceux faussent légèrement…) dans une ambiance chaleureuse autour de nos classiques préférés. Ce sont des moments précieux rendus possibles par nos connaissances musicales. Il y a quelque chose de très agréable à pouvoir ouvrir une partition inconnue, la lire à vue, et la partager avec les gens que j’aime.
Depuis que j’ai commencé à enseigner il y a trois ans, ma relation à la musique a pris une autre dimension. Passer du rôle d’élève à celui de professeure m’a permis de voir autrement des choses que l’on finit par considérer comme évidentes après plusieurs années de pratique. J’ai appris à identifier les difficultés réelles des débutants, et à mieux comprendre leur progression. J’aime beaucoup voir mes élèves évoluer au fil des années, gagner en assurance et découvrir à quel point la musique peut contribuer à la confiance en soi et au sentiment d’accomplissement.
Comment la musique t’aide dans le domaine que tu étudies présentement?
Par où commencer! L’apprentissage de la musique m’a offert une véritable méthode pour apprendre, une manière de structurer mes efforts que je retrouve aujourd’hui dans mon étude du droit.
La pratique du piano repose d’abord sur un socle technique exigeant : la précision du doigté, la coordination, la posture. Mais réduire la musique à cette seule dimension serait passer à côté de l’essentiel. Au-delà de la technique, il y a l’interprétation et l’expression que l’on veut donner à chaque œuvre. C’est là que le parallèle avec le droit devient particulièrement parlant pour moi. Comme en musique, il faut d’abord maîtriser les fondements : les articles de loi, la doctrine, les grands principes, la jurisprudence. Mais cela ne suffit pas. À un niveau plus avancé, ce qui fait la différence, c’est la capacité à comprendre les nuances, à saisir les subtilités, et à inscrire chaque notion dans un ensemble plus vaste. Un bon musicien ne se contente pas de jouer les bonnes notes, il donne du sens à l’œuvre. De la même façon, un bon juriste ne se limite pas à appliquer des règles : il développe une compréhension globale du droit et de ses interactions avec la société.
Myriam prépare son examen du Barreau cette année.
Dans les deux cas, la maîtrise est rendue possible grâce à l’attention portée aux détails et à la rigueur dans le travail. À un certain niveau, les disciplines cessent d’être purement techniques et deviennent un art, chacune dans leur domaine. La musique combine une structure technique précise et une grande sensibilité interprétative; le droit, lui, articule l’étude des textes et des décisions avec une compréhension plus large de leur portée et de leur impact.
Finalement, la discipline, la persévérance et la méthode développées à travers la musique sont des acquis durables, peu importe le domaine d’études. Le piano m’a appris la rigueur, la débrouillardise, la patience, mais aussi la capacité à reconnaître mes limites et à adapter ma manière de travailler.

